L'expression de la douleur

Dans l'art flamenco, c'est le quotidien des gitans andalous qui transparait ; avec les inquiétudes, les joies et surtout leurs peines. Le parallèle avec le gospel ou le jazz est facile. Le chant a pour fonction d'exorciser les souffrance d'un peuple souvent rejetté, cela lui confère une dimension à la fois mystique et thérapeutique.
Francisco Almazán, flamenquiste, affirme :

« El que mejor canta es el que mas fatiga ha pasado ».

(celui qui chante le mieux, cest celui qui a le plus souffert)

Cette opinion rappelle la nécessaire souffrance des poètes pour se livrer à l'écriture. C'est une histoire de communication. Une beauté du flamenco n'est-elle de nous rendre si vivante la souffrance d'autrui, de nous faire communion à l'émotion des chanteurs et des danseurs.

Pour la danse, la soleá, sur un rythme très lent entrecoupé du grito :

¡Ay.........Ay ! 
L'art flamenco n'est pas tenu par des règles, c'est plutôt l'improvisation qui est la norme ; la douleur non plus n'a pas de règle. Les danseurs, chanteurs ou les musiciens – c'est dire si cet art est complet ! – sont libres d'utiliser la voix, le corps et les instruments pour transmettre le message de désespoir intelligible seulement par le flamenco.

Pour ce qui est du chant, le cante de Agujetas est comparé à un coup de couteau qui fait courir le sang. D'où vient cette douleur ? Les thèmes abordés généralement sont ceux de l'amour passion, de la mort et de rejet social. Les gitans expliquent d'ailleurs que le flamenco est l'expression même de ceux qui ne peuvent pas lire ou écrire :

«Una persona que sepa leer y escribir no puede cantar flamenco, porque pierde la buena pronunciación »

(Une personne sachant lire ou écrire ne peut pas chanter du flamenco car elle perd la bonne prononciation) En effet, le flamenco utilise le castillan des andalous avec la disparition des consonnes occlusives en position intervocalique. Il y a une autre raison de douleur plus sociale. C'est que les gitans sont aussi les héritiers des personnages de la littérature picaresque espagnole dont la préoccupation première était de savoir ce qu'ils allaient pouvoir manger. Les gitans sont un peuple qui « ha pasado hambre » (qui a connu la faim) et la misère. Le flamenco était le rayon de lumière dans des vies touchées en profondeur par le désespoir. Le chant est l'expression de ce qui est latent à l'intérieur de l'être. Le grand Camarón rappelle que chanter c'est desgarrarse (se déchirer).

En s'installant en Andalousie, les gitans apportèrent au folklore andalous toute la tragédie de leur race persécutée et l'écho musical de leur origine indo-aryenne, au point qu'ils se prétendent les authentiques « forgerons » du cante flamenco

 

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Commentaires (2)

1. johanna Le 05/03/2009 à 14:24

moii meme gitane , jai perdu toute culture....jaime tp sa !!!!!
ce que je deteste c ceux ki ns critike alor ki non pa apri a ns connaitre...dommage pour eux!!!Smiley

2. bouchra Le 31/07/2009 à 17:11

Envoyer un e-mail à bouchra
moi c bouchra du maroc j ia bcp aprécier cette art la pasqe moi je pratiqe la danse hip hop et orriental aussi mais se qe j ecoute cé de la music spirituél GNAWA car je peus mexprimé et voyagé avec les ensetres .pour le flamenco il va prendre aussi une place c est 1 moyen dexpression. Smiley
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Dernière mise à jour de cette page le 20/06/2007

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